jeudi 3 janvier 2013
Godzilla, LE monstre incontournable du cinéma Japonais
Je découvre enfin ce pilier incontournable du cinéma populaire japonais, à l'origine de tout un genre (le kaiju-eiga ou "film de monstres géants") et qui pourtant au final, est bien éloigné de tout ses successeurs à ma très grande surprise.
Le kaiju eiga en soi est un genre où il faut se laisser aller à une forte dose de crédulité, chose qui hélas ne m'a pas suffi au visionnage de la poignée de Godzillas sortis chez Aventi où l'on plongeait dans le nanar à plus d'une reprise, pourtant masochiste comme je suis, j'ai persévéré dans mon approche du genre et surtout sur les films de l'artisan qui le créea : Ishiro Honda, un nom qui ne sera peut-être jamais cité à sa juste valeur, mais qui pourtant s'avère le seul véritable maitre du kaiju, le seul dont les films m'ont plus ou moins convaincu par leurs thémas écolos ou humanistes, utilisant le genre avant tout comme une métaphore sociétale (voir Mothra contre Godzilla). Découvrir Godzilla aujourd'hui, après les purges enquillées par paquet de 12 qui l'ont précédé fait l'effet d'une bombe, car au lieu de jouer la carte de la destruction massive et décomplexée, le film n'est plus ni moins que l'ancêtre des films catastrophes où l'attention est portée sur les action politiques, scientifiques et humaines. Le lézard n’étant pas encore la némesis manichéenne d'un Japon glorieux en toutes circonstances, mais bien le spectre d'une politique foireuse qui porte la honte de l'échec de la Seconde Guerre Mondiale et par extension des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki, d'ailleurs cette analogie est explicitement annoncée dans le récit ce qui en fait une œuvre relativement courageuse et lucide pour son époque.
Dois-je ajouter que la créature n'apparait finalement que très peu et le plus souvent en hors champ, Honda préférant montrer les conséquences réelles de la catastrophe, en multipliant les scènes d’hôpital où les blessés comblent les cadres. On se retrouve donc avec une variation intelligente inspirée du cinéma fantastique occidental, où l'horreur ne bannit pas la réflexion et s'avère au final, le kaiju eiga le plus intemporel qui soit (d'ailleurs, le NB s'avère être un plus pour l'incrustation des maquettes, celles ci s'avèrent moins voyantes et donc plus plaisantes à voir).
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