dimanche 6 janvier 2013

Pantyhose Hero, quand Cruising renconte La Cage aux Folles


Quand la Cage aux Folles rencontre Cruising, ça donne Pantyhose Hero : un truc de pas très bon goût mais qui recèle quelques moments de grâce martiale.
C'est toujours un coup dur quand un projet qui nous tient à cœur s'avère être un désastre financier, en l’occurrence pour Sammo Hung son bébé Pedicab Driver a subi les foudres d'un public qui n'avait pas compris la force de ce joyau noir. Si son copain Jackie parviendra à s'en relever sans mal (Opération Condor le remettra en selle en moins de deux), Sammo lui n'aura plus l'occasion de redorer son blason et préférera enchainer les commandes qu'il essayera de légèrement de remanier quand il le pourra (Moon Warriors ou Blade of Fury), pour revenir aujourd'hui à ses premières amours, la chorégraphie. Triste destin pour celui qui est encore aujourd'hui à mes yeux l'un des rares grands auteurs du cinéma d'arts martiaux.


Pantyhose Hero est sorti donc juste après Pedicab Driver et s'avère être un retour en arrière des plus frustrants : on retourne à la comédie façon Lucky Stars, avec un ratio précis, 80% de comédie pour 20% d'action. Pourtant le film commence de façon magistrale avec une scène d'action qui condense en moins de dix minutes ce pourquoi Hung est un cinéaste à part dans le genre : tout commence comme une vulgaire comédie pour amorcer un gigantesque carnage, des mecs se font tronçonner la colonne vertébrale en gros plan et les coups font super mal. Une scène de fou où l'on ressent la douleur de son précédent échec, comme s'il voulait d'emblée mettre le spectateur mal à l'aise, sauf qu'il est plus résigné qu'auparavant et n'arrivera jamais à tutoyer les sommets de ses précédents films. A l'image d'un gamin qui finit par faire n'importe quoi sous le coup de la colère, Sammo réutilise les ingrédients qu'il avait employé pour "détruire" le calme apparent de Pedicab mais a mauvais escient, toutes les tentatives qu'il fait pour rendre son film sérieux ne fonctionnent pas et le film reste ce qu'il est au départ : une pantalonnade beaufisante et vulgaire, pas forcément désagréable à mater (le combat d'ouverture et le final restent d'une violence inouïe) mais quand même en deçà de ce que peut nous offrir Hung.


Parlons aussi de la toile de fond du film, qui se pose chez la communauté gay de HK, hautement méprisée de façon générale et c'est pas ce film qui fera changer la donne : on a deux flics beaufs qui vont devoir apprendre à être gays pour infiltrer leurs clubs et traquer un tueur qui opère dans leur milieu. Comme on peut s'y attendre, on a le droit a des interprétations façon Cage aux Folles, des blagues très homophobes et même une misogynie quelque peu gratuite (je m'attarderai pas sur la façon dont les femmes sont dépeintes dans ce film), Pantyhose Hero est donc une ode au beauf macho qui boit de la bière en restant avec ses potes. Dispensable pour le commun des mortels, mais largement recommandable pour les habitués de ce genre de cinéma en somme.

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