2012 sera vraiment l'année de tous les come-back : entre la confirmation Exp 2, le Prometheus de Ridley Scott et en attendant le prochain Walter Hill, il y en a un autre qui lui s'est définitivement fait persona non grata à Hollywood, William Friedkin, qui fait son retour en fanfare. Le wonder boy des 70's, celui des hits commerciaux French Connection et L'Exorciste (ses deux seuls films valables, à en croire les cinéphiles du dimanche), s'est métamorphosé en une sorte de polémiste de la pellicule, alternant commandes moins désinteressées qu'il n'y parait (Jade, Blue Chips), grands films malades laissant quasi-systématiquement le public sur le carreau (la seule exception étant le génial Traqué en 2003) et a fini par lasser les grands studios de sa vision sombre et pessimiste de l'âme humaine. Depuis la sortie de Bug, on peut considérer dès lors que Friedkin est entré dans le giron du cinéma indépendant, le seul qui peut lui procurer encore assez de moyens pour réaliser ce qu'il a envie et effectivement, il n'en plus rien à faire de la gloire ou du succès commercial, sa glorieuse filmo parle pour lui aujourd'hui même s'il doit se montrer patient entre deux projets.
C'est une œuvre sur le Mal et ses conséquences, que l'on peut voir de deux façon différentes (l'une justifiant davantage l'aspect omniscient de Joe, sa capacité à manipuler les gens et arriver à ses fins) : au premier degré, en le matant comme un polar vulgos, ou bien en le voyant surtout pour sa fascination à montrer des personnages maléfiques, McConaughey s'avère un Lucifer texan horrible et attirant à la fois, qui prend sous son emprise, une famille non sans l'avoir dominé de la façon plus abjecte possible. Et toute cette lecture "mystique" donne une aura vraiment à part à ce film, qui puise finalement pas mal dans la Nurse.
Killer Joe est donc la preuve flagrante que Bill pète la forme, qu'il est plus en guerre que jamais (sa démarche est limite punk) et qu'il a enfin réalisé son film "poil à gratter", celui qui fera figure d'exception en termes d'impact et de ressenti. Une chose est sure, nous ne regarderez plus le poulet frit de la même manière.
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