vendredi 20 avril 2012
Nemesis, un must 90's des vidéo-clubs
Albert Pyun est quand même un sacré gars dans l'industrie du DTV, ayant appris le métier sous l'égide du grand Akira Kurosawa dont il fut l'assistant, se vouant à réaliser des œuvres ambitieuses mais qui a fini par enquiller les tournages commando (il est réputé pour tourner ses films entre 5 et 10 jours) où il essaya de mêler sa passion pour le western, le chambara et la SF à travers des micro-budgets. Pyun est un auteur dans le sens où son œuvre est cohérente en dehors de quelques commandes et que l'on arrive à reconnaitre son travail en une poignée de plans, ce qui lui donnera une aura culte auprès des rats de vidéo-clubs dont je fis partie, bien loin des techniciens interchangeables qui œuvraient dans le même secteur.
Comme tout bon stakhanoviste qui se respecte, Pyun aura enchainé avec plus ou moins de réussite les films, mais il aura marqué les années 90 avec un bon paquet de films dont le désespérément inédit Nemesis qui reste son plus gros budget et l'un de ses plus gros musts commerciaux. Après avoir bossé pour la Cannon et repris la franchise Kickboxer, on peut dire notre ami Albert était alors en pleine ascension et en profite pour réaliser ce film d'action futuriste avec la future micro-star du DTV, le frenchie Olivier Gruner et ses acolytes habituels (Brion James, Tim Thomerson, Thom Matthews, Yuji Okumoto devant la caméra et l'incontournable George Mooradian à la photo) dans la droite lignée de ce a quoi il nous avait habitué : des cyborgs, de l'action, des entrepôts désaffectés, de l'action, des héros mutiques, de l'action....
Du bourrin donc, mais du bon !
Un pur actionner cyberpunk fier de ses emprunts (de Blade Runner à Terminator en passant par Sergio Leone et même Alan Clarke !), dégraissé de tout les défauts facepalmesques de Mister Pyun tout en gardant ses qualités avec une réalisation au steadycam super énergique et une photo de très haute volée (même si Mooradian fera encore mieux avec Postmortem, Crazy Six et Mean Guns). Il est bien dommage qu'un dvd de bonne qualité ne soit pas disponible pour en profiter au maximum, mais bon on est habitué à voir les œuvres de Pyun malmenés sur support numérique, entre les recadrages assassins, les absences de compatibilité 16/9 ou les colorimétries foireuses.
A noter que trois suites (!) désastreuses seront tournées dans la foulée mais sans grand rapport avec le premier opus, donc aucune raison de regretter une éventuelle découverte dans les bacs à soldes, vous économiserez une poignée de centimes pour des achats plus interessants je l'espère.
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